Jean Katambayi Mukendi


Rareté des ressources électriques à l’heure du numérique

« L’heure n’est plus aux lamentations de salon et aux complaintes fatalistes face aux coupures d’électricité. Nous refusons le rationnement systématique imposé à nos foyers dans l’alimentation en électricité. La coupe est pleine : Y’EN A MARRE « 

Oeuvres exposées de Jean Katambayi Mukendi, LESTEUR et TRAME

Jean Katambayi Mukendi est avant tout un inventeur. À partir de faits de société, en usant de carton et de fil de fer, des mathématiques et d’électronique, il réalise ses œuvres-machines avec lesquelles il veut questionner le quotidien des sociétés africaines.

 Trois dates qui ont marqué mon parcours:

Juillet 1984: je suis hanté par une vive illusion à 10 ans que je pouvais fabriquer un vélo avec des branches d’arbre en temps  record et l’utiliser, j’en avais pour une semaines avant de débrayer

Juin 2007: exposition officielle dans l’espace français qui marquait un début de médiatisation du travail alors que j’avais quelques occasions d’expositions avant

Septembre 2009: je quitte pour la première fois mon pays et je quitte en même temps pour la première fois mon continent.

Mon projet et mon œuvre porte le nom de LESTEUR. suite aux difficultés récurrentes de dessertes en énergie dans ma société; principalement en eau et en électricité, avec toutes les conséquences sur le train de la société; je me pose  des questions sur les causes et éventuellement sur les solutions durables. Parmi les pistes, nous avons la culture du travail personnel et fouillé que l’œuvre LESTEUR transmet. C’est une sculpture en carton avec un réseau électrique et qui essaye de décrire de façon très illusionnée la situation d’énergie qui est la notre et dont la matrice de base fonction sur base’ de la théorie d’analyse combinatoire comme pour dire que la solution se trouve parfois dans des sphères insoupçonnées. TRAME est la continuité de ce travail.
« quand il y a coupure de courant dans nos quartiers, les ménages sont affligés à cause des dépenses que cela engendre et à cause du climat terne qui s’en suit, comme la télévision captive, certains jeunes et certains adultes improvisent des sorties suite à la coupure de courant pour se divertir ailleurs ou trouver un endroit où il y en a. tout le monde connait les théories des phases et des neutres avec des pratiques parfois dangereuses qui ont parfois des conséquences néfastes tels que les incendies des maisons. Le centre ville offre un vacarme suite aux moteurs des groupes de secours qui sont disposés dans de petits voisinages.
Imaginez maintenant un rétablissement de courant la nuit, le bruit est pareil à celui qui accompagne un but marqué dans un grand match, il y a soulagement, hélas, il arrive parfois qu’il reparte aussitôt sans jamais revenir de la nuit. ce type de stress est grave, il doit avoisiner les grands maux de notre système et les incidences psychologiques sont durables.
. Sur le LESTEUR, un bonne partie de la structure est garnie en facture d’énergie eau et électricité pour dire que la facture est toujours émise souvent par forfait mais sans contre partie d’entretien et de service »

Natsku

Jean Katambayi Mukendi est né à Lubumbashi (République Démocratique du Congo) en 1974, d’une mère travaillant pour une société d’extraction de métal et d’un père électricien. Dès l’enfance, qu’il passe en famille dans le camp de la société minière, il manipule le métal, découpe le papier et utilise le carton à tout-va : sommier, matelas, plafond, etc. Marqué par la crainte de voir une société complètement saturée dans l’avenir, Jean se réfugie très jeune dans une création fouillée de nombreux objets et systèmes à base de matériaux de récupération.

Passionné de mathématiques et d’informatique, il poursuit des études techniques. C’est lors d’une résidence à l’Institut français de Lubumbashi que Jean s’initie aux Beaux-arts, où il expose ses premières œuvres en 1997, puis de 2005 à 2008. En 2010, Jean se fait connaître à l’international, en exposant son œuvre Simulen dans le cadre du Festival Afropixel, organisé par Kër Thiossane (1) à Dakar lors du Off de la Biennale de Dakar (2). À cette occasion, la Fondation Blachère lui décerne le Prix de la Jeune Découverte